Les priorités

Quelques fois j’aimerais que les journées s’allongent.

Le soir, au moment de rentrer du travail, il ferait encore jour. On commencerait par raconter sa journée, se retrouver autour d’un verre, ou d’une tasse de thé, savourer le retour au calme, enfin.

On aurait quelques heures de libres pour remettre la maison en ordre. Il n’y aurait plus à s’inquiéter avec la pile de linge à plier, les rendez-vous pressés, la boîte mail qui déborde et les courses vite-vite-avant-que-ça-ferme. On aurait le temps.

On cuisinerait de bons petits plats, pour le dîner, et pour le pique-nique du lendemain. On ferait aussi un gâteau au chocolat (ou une tarte aux pommes), parce que ça met toujours de bonne humeur de sentir l’odeur du gâteau au chocolat (ou de la tarte aux pommes) en train de cuire.

Après ça, on aurait encore tout le temps pour faire toutes ces choses que l’on fait juste parce qu’on en a envie. Lire tout ce qu’il y a à lire, flâner dans les rues, regarder le printemps, bricoler un peu, changer les meubles de place. On se consacrerait enfin aux « projets en cours ». Parfois même, on s’ennuierait (quel luxe !). On irait au cinéma, à des concerts, on verrait des expos. On sortirait, on aurait le monde à refaire et on ne serait même pas si fatigué.

Malheureusement, on ne peut pas tout avoir, enfin il paraît.

Par contre, on peut choisir. On peut essayer de mettre les bouchées doubles, programmer son réveil un peu plus tôt, faire de son mieux pour atteindre ses objectifs, parce que ça a du bon parfois d’être exigeant avec soi-même. Mais, de temps en temps, on a aussi le droit de choisir de lâcher prise. Ralentir. Ce peut être simplement en s’autorisant des moments de solitude, ou en restant en pyjama devant une série un samedi soir, si c’est ce dont on a besoin. Ce peut être réduire sa liste de choses à faire, ou mettre entre parenthèses, juste pour un temps, l’une de ces petites choses que l’on garde pour soi mais que l’on n’apprécie pas vraiment quand on n’arrive plus à suivre. C’est se concentrer sur ce qui est vraiment important, là, maintenant. Même si du coup on passera à côté de certaines choses, même si tout ne sera pas totalement parfait. Après tout, ce n’est qu’une question de priorités.

Cyberlectures #8

À l'ombreÀ l’ombre.


Depuis quelques jours, on entend chanter les cigales. Nous, on attendait encore le printemps, et pendant ce temps-là, sans prévenir, un soleil brûlant s’est levé, apportant l’été avec lui. C’est drôle, mais j’ai quand même un peu de mal à m’y faire, comme si on avait raté une marche. Eh bien ! Dansons, maintenant.

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Lectures de printemps grincheux : plaisirs minuscules et vieux souvenirs

Lectures Delerm Ishiguro

Je ne sais pas si c’est parce que le printemps continue de faire la moue, mais j’ai remarqué que ces derniers temps, les livres sur lesquels je m’arrête sont souvent empreints de nostalgie, une nostalgie douce comme celle qui entoure les souvenirs joyeux et les détails presque oubliés que l’on avait encore jamais vraiment saisis. Les deux livres que je voudrais présenter aujourd’hui ont chacun été des coups de coeur (même si l’un un peu plus que l’autre), et comme c’est bien là ce qui nous intéresse, je te laisse les découvrir sans plus attendre.

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