Lectures d’automne

Pour les journées d’automne bien remplies, quand il commence à faire un peu froid, quand on aurait presque du mal à trouver du temps pour lire, alors qu’il y a plein de choses à découvrir sur les tables des libraires (surtout en ce moment), voici deux livres (trois, en fait) dans lesquels trouver du réconfort.

Déjà, ce sont de jolis livres, visuellement parlant, bien que dans des styles très (très) différents. Ensuite, ils se lisent facilement, et plutôt vite, même s’ils vous donnent envie de les savourer pour faire durer la lecture un peu plus longtemps. Le premier nous parle de trouver la légèreté, et le deuxième (et le troisième aussi, donc) fait l’effet d’un gros gros gros câlin.

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À nos névroses

éloge de la névrose-couv

Là je me sens un peu comme un explorateur qui aurait fait une découverte inespérée remettant en cause l’organisation de l’humanité dans son ensemble et qui s’apprêterait à présenter ses recherches à la communauté scientifique ; j’en tremble d’exitation et je déborde d’une extrême fierté car, accroche-toi bien, aujourd’hui, je vais te présenter UNE BD ÉCRITE PAR UNE FEMME.

Et oui, par un curieux hasard de l’Histoire (oui, de l’Histoire elle-même), mon premier coup de coeur de l’année n’est autre qu’une bande dessinée. Moi, dont la culture BD ne ferait rougir personne (non, vraiment personne). Ce qui n’aurait revêtu qu’une importance secondaire si ce livre ne m’était pas tombé entre les mains au moment même où l’on annonçait au monde entier que la bande dessinée est une affaire d’hommes, et d’hommes seulement, et si ce même livre n’avait été, voilà, je le dis, écrit par une FEMME.
Bon, maintenant que j’ai qu’on a bien rigolé, arrêtons là, parce qu’en vrai, je ne vois pas bien le rapport entre le sexe d’un•e• auteur•e• et la taille de son livre (haha), mais bon, comme je le disais, je n’y connais pas grand chose en BD.

Ce livre, il me faisait de l’oeil depuis sa sortie, d’une part parce que j’aime beaucoup ce que fait Leslie Plée et, d’autre part, parce que je ne l’aime jamais autant que quand elle parle de névroses.

Cette fois, un peu comme dans une étude de cas (mais en plus sympathique), elle croque quelques uns des moments de la vie de tous les jours où l’on se heurte à nos névroses, alors qu’on essaie juste d’avoir l’air d’adultes bien normaux, sains et responsables, à travers 10 syndrômes (c’est simple, il y a 10 chapitres, un pour chaque syndrôme). On se reconnait dans ces portraits, un peu pathétiques, certes, mais pour le moins atendrissants, et on finit par admettre qu’on les aime un peu, nos névroses, tant elles mettent du sel dans nos pauvres existences ! Bref, c’est drôle, bien trop réaliste et super positif. (À titre personnel, je pense être atteinte de 7 des 10 syndrômes, au point que j’ai presque envie de rajouter un 11e chapitre : le syndrôme de la groupie. Le syndrôme de la groupie, c’est quand on aime tellement le travail d’un auteur (qui peut être écrivain, illustrateur, acteur, compositeur ou même, pourquoi pas, philosophe, etc.) qu’on finit par se dire que c’est impossible, qu’une personne qui nous ressemble autant, qui sait si bien nous parler, ce ne peut être que notre âme soeur, et si ça se trouve, avec Leslie Plée, si on se rencontrait, on deviendrait les meilleurs copines du monde et on parlerait de nos angoisses et on se soutiendrait et nos chats deviendraient copains et ce serait trop génial ! Et c’est comme ça qu’on invente une suite à un livre (mais sans dessin, parce que moi je dessine pas, je suis trop nulle). Sinon, tout va bien chez les fous).

Éloge de la névrose-intÀ part ça, le petit truc qui change (et ça change tout), c’est le dessin, puisque désormais, Leslie Plée travaille à l’aquarelle. Je fais partie de ceux qui aimaient beaucoup ses dessins « d’avant », mais j’aime tout autant ceux-là, ils sont doux, colorés et ça lui va comme un gant.
Autre détail appréciable, le livre est assez long (171 pages ; je précise parce que j’ai souvent l’impression de rester sur ma faim après avoir lu une BD. OK, je lis vite, mais j’aime bien passer un peu de temps avec un livre avant de le quitter…).

Et pour celles et ceux qui auront été séduit•e•s, je vous conseille très fortement Moi vivant, vous n’aurez jamais de pause (sur le travail) et L’Effet kiss pas cool (sur les angoisses). De mon côté, j’ai bien l’intention de me lancer dès que possible dans les aventures de Michel

Leslie Plée, Éloge de la névrose en 10 syndrômes, Delcourt, 2015, 171 pages, 17,95 €.