Un goût d’été

Photo : Rawpixel.com via StockSnap.io


Cela peut faire une sensation étrange, au début, de se retrouver tout d’un coup après une année bien chargée avec l’été devant soi et ces quelques jours (ou semaines, si on a de la chance) de vacances. On les avait attendues bien sûr, mais plutôt comme une récompense un peu lointaine dont on était séparé par une pile dégoulinante de choses à faire, si bien qu’on se trouve un peu dépourvu, maintenant qu’on y est pour de vrai. Dans un dernier sursaut de prudence, on cherche s’il ne reste pas encore deux-trois petites choses à faire qu’on aurait laissées de côté, un grand ménage, des rendez-vous à caler, des choses à organiser avant la rentrée (non mais vraiment) avant de se rendre à l’évidence : c’est bon maintenant, respire, on a réussi, on est arrivé au bout — respire. Lire la suite

Les choses qui comptent

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On ne peut pas dire que je sois du genre constante, comme blogueuse : je peux passer des semaines sans mettre le nez par ici, je ne sais jamais vraiment où je veux en venir et je passe souvent plus de temps à tout recommencer qu’à écrire. Mais, à vrai dire, ça me plait bien comme ça.

Ce blog, c’est mon laboratoire. Mon jardin secret. Mon projet à moi pas tout à fait parfait, ma parenthèse qui grandit quand même. Et c’est une chose que j’avais du mal à concevoir, avant, qu’on puisse se lancer comme ça, essayer de créer quelque chose, sans savoir où l’on va, sans être légitime, en tâtonnant, en faisant des erreurs. Et bien voilà, je me trompais. En fait, je commence même à croire que c’est comme ça qu’on avance.

Oh, si tu savais comme ça m’avait manqué ! Tu vois, moi, je ne voyais que les à peu près, le pas très abouti, le un peu bancal ; j’essayais, j’en avais envie, et je me disais que peut-être, un jour, ce blog deviendrait quelque chose. Quand je le laissais en jachère, c’était un peu triste, mais bon, ça ne changeait pas grand chose. Mais ces dernières semaines, je me suis rendue compte à quel point tout cela était devenu important pour moi, avec le temps, et combien j’en ai besoin, désormais. Peu importe à quoi cela ressemble, en fait. C’est déjà quelque chose. Une chose plutôt chouette, même. Et puis il y a toi qui es là. Et ça, tu vois, ça me fait quelque chose, quand même.

Alors voilà, je reviens. Bien sûr, il y aura encore des moments où je ne pourrais pas, des jours où il y aura d’autres priorités. Ce n’est pas grave. C’est l’été, et d’habitude en cette saison je mets les voiles. Cette année, on change de cap. Voilà le truc : non seulement je reviens, mais en plus, j’ai décidé de changer un peu le décor. Encore, oui, je sais.

Pour commencer, j’ai envie de donner un nouveau nom à ce blog. C’est peut-être un détail pour toi, mais pour moi pas tant que ça, parce que c’est important, un nom, ça dit (au moins un peu) qui l’on est. Blotti dans son fauteuil, on se sent bien, comme dans une bulle, et oh ! ce que ce peut être nécessaire parfois, mais vient un moment où l’on commence à avoir des fourmis dans les jambes et où il est temps d’aller voir ailleurs. 

Aujourd’hui, j’ai envie d’apprécier la pluie et le beau temps, de profiter des petites choses, de me poser des questions. On continuera bien sûr à parler de tout et de rien, de lectures, des choses simples, de la vie de tous les jours. Et peut-être d’autre chose, je ne sais pas, on verra bien. (Je t’aurais bien dit que cette fois c’est la bonne, que j’ai enfin trouvé ma voix, arriver avec un programme construit à l’équerre, mais voilà je n’y résiste pas, laisser la porte ouverte reste la solution que je trouve la plus intéressante — la plus réaliste, aussi).

Et toi, tu en as comme ça, des choses imparfaites dont tu ne peux te passer ?

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Les priorités

Quelques fois j’aimerais que les journées s’allongent.

Le soir, au moment de rentrer du travail, il ferait encore jour. On commencerait par raconter sa journée, se retrouver autour d’un verre, ou d’une tasse de thé, savourer le retour au calme, enfin.

On aurait quelques heures de libres pour remettre la maison en ordre. Il n’y aurait plus à s’inquiéter avec la pile de linge à plier, les rendez-vous pressés, la boîte mail qui déborde et les courses vite-vite-avant-que-ça-ferme. On aurait le temps.

On cuisinerait de bons petits plats, pour le dîner, et pour le pique-nique du lendemain. On ferait aussi un gâteau au chocolat (ou une tarte aux pommes), parce que ça met toujours de bonne humeur de sentir l’odeur du gâteau au chocolat (ou de la tarte aux pommes) en train de cuire.

Après ça, on aurait encore tout le temps pour faire toutes ces choses que l’on fait juste parce qu’on en a envie. Lire tout ce qu’il y a à lire, flâner dans les rues, regarder le printemps, bricoler un peu, changer les meubles de place. On se consacrerait enfin aux « projets en cours ». Parfois même, on s’ennuierait (quel luxe !). On irait au cinéma, à des concerts, on verrait des expos. On sortirait, on aurait le monde à refaire et on ne serait même pas si fatigué.

Malheureusement, on ne peut pas tout avoir, enfin il paraît.

Par contre, on peut choisir. On peut essayer de mettre les bouchées doubles, programmer son réveil un peu plus tôt, faire de son mieux pour atteindre ses objectifs, parce que ça a du bon parfois d’être exigeant avec soi-même. Mais, de temps en temps, on a aussi le droit de choisir de lâcher prise. Ralentir. Ce peut être simplement en s’autorisant des moments de solitude, ou en restant en pyjama devant une série un samedi soir, si c’est ce dont on a besoin. Ce peut être réduire sa liste de choses à faire, ou mettre entre parenthèses, juste pour un temps, l’une de ces petites choses que l’on garde pour soi mais que l’on n’apprécie pas vraiment quand on n’arrive plus à suivre. C’est se concentrer sur ce qui est vraiment important, là, maintenant. Même si du coup on passera à côté de certaines choses, même si tout ne sera pas totalement parfait. Après tout, ce n’est qu’une question de priorités.