Les non-rentrées


Photo : Sonja Langford


Il y a des fois où les rentrées n’en ont pas vraiment l’air. Des étés qui filent trop vite et dont on sort en ayant l’impression de ne pas avoir eu le temps de sentir le soleil sur sa peau. Et voilà qu’il faut retrouver l’équilibre fragile du quotidien, prêt ou pas prêt. Quand on construit sa vie, on sait qu’il va en falloir, du travail, et des efforts, des doutes, des échecs et du temps passé à y croire, des semaines, des mois, des années peut-être, avant qu’on puisse se dire : la revoilà, la routine. Ces années-là, on ne suit pas un parcours bien tracé, on n’a pas souvent de victoire à fêter ni de vraies vacances pour s’échapper du quotidien. C’est comme ça. Alors, évidemment, on sait déjà que septembre n’aura rien d’un nouveau départ.

La rentrée, on y assiste de loin. On voit les gens rentrer de vacances, on croise des collégiens et leurs grands éclats de rire qui reprennent le chemin des cours. On sent le temps qui rafraîchit, l’air de rien. Et on se remet au travail.

Mais tandis que tout recommence selon une mécanique bien réglée, on perçoit mieux que jamais ce qui a changé, mine de rien. Moi qui ai souvent l’impression de ne jamais en faire assez, je me rends compte qu’il y a certaines choses dont je suis quand même un peu fière : j’ai un emploi, temporaire mais tellement stimulant (et ça, ce n’est pas rien), j’ai pris mes petites habitudes dans une ville que je découvrais pour la première fois il y a tout juste un an, les fins de mois sont un peu moins serrées, j’ai repassé les portes du cours de danse. Ça plus tout un tas de petites choses qui, mises bout à bout, me rappellent qu’il y a eu quand même quelques réussites, ces derniers mois.

Finalement, elle n’est peut-être pas très académique, cette rentrée, mais elle a quelque chose qui me plait assez.

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Un goût d’été

Photo : Rawpixel.com via StockSnap.io


Cela peut faire une sensation étrange, au début, de se retrouver tout d’un coup après une année bien chargée avec l’été devant soi et ces quelques jours (ou semaines, si on a de la chance) de vacances. On les avait attendues bien sûr, mais plutôt comme une récompense un peu lointaine dont on était séparé par une pile dégoulinante de choses à faire, si bien qu’on se trouve un peu dépourvu, maintenant qu’on y est pour de vrai. Dans un dernier sursaut de prudence, on cherche s’il ne reste pas encore deux-trois petites choses à faire qu’on aurait laissées de côté, un grand ménage, des rendez-vous à caler, des choses à organiser avant la rentrée (non mais vraiment) avant de se rendre à l’évidence : c’est bon maintenant, respire, on a réussi, on est arrivé au bout — respire. Lire la suite

Les choses qui comptent

Photo

On ne peut pas dire que je sois du genre constante, comme blogueuse : je peux passer des semaines sans mettre le nez par ici, je ne sais jamais vraiment où je veux en venir et je passe souvent plus de temps à tout recommencer qu’à écrire. Mais, à vrai dire, ça me plait bien comme ça.

Ce blog, c’est mon laboratoire. Mon jardin secret. Mon projet à moi pas tout à fait parfait, ma parenthèse qui grandit quand même. Et c’est une chose que j’avais du mal à concevoir, avant, qu’on puisse se lancer comme ça, essayer de créer quelque chose, sans savoir où l’on va, sans être légitime, en tâtonnant, en faisant des erreurs. Et bien voilà, je me trompais. En fait, je commence même à croire que c’est comme ça qu’on avance.

Oh, si tu savais comme ça m’avait manqué ! Tu vois, moi, je ne voyais que les à peu près, le pas très abouti, le un peu bancal ; j’essayais, j’en avais envie, et je me disais que peut-être, un jour, ce blog deviendrait quelque chose. Quand je le laissais en jachère, c’était un peu triste, mais bon, ça ne changeait pas grand chose. Mais ces dernières semaines, je me suis rendue compte à quel point tout cela était devenu important pour moi, avec le temps, et combien j’en ai besoin, désormais. Peu importe à quoi cela ressemble, en fait. C’est déjà quelque chose. Une chose plutôt chouette, même. Et puis il y a toi qui es là. Et ça, tu vois, ça me fait quelque chose, quand même.

Alors voilà, je reviens. Bien sûr, il y aura encore des moments où je ne pourrais pas, des jours où il y aura d’autres priorités. Ce n’est pas grave. C’est l’été, et d’habitude en cette saison je mets les voiles. Cette année, on change de cap. Voilà le truc : non seulement je reviens, mais en plus, j’ai décidé de changer un peu le décor. Encore, oui, je sais.

Pour commencer, j’ai envie de donner un nouveau nom à ce blog. C’est peut-être un détail pour toi, mais pour moi pas tant que ça, parce que c’est important, un nom, ça dit (au moins un peu) qui l’on est. Blotti dans son fauteuil, on se sent bien, comme dans une bulle, et oh ! ce que ce peut être nécessaire parfois, mais vient un moment où l’on commence à avoir des fourmis dans les jambes et où il est temps d’aller voir ailleurs. 

Aujourd’hui, j’ai envie d’apprécier la pluie et le beau temps, de profiter des petites choses, de me poser des questions. On continuera bien sûr à parler de tout et de rien, de lectures, des choses simples, de la vie de tous les jours. Et peut-être d’autre chose, je ne sais pas, on verra bien. (Je t’aurais bien dit que cette fois c’est la bonne, que j’ai enfin trouvé ma voix, arriver avec un programme construit à l’équerre, mais voilà je n’y résiste pas, laisser la porte ouverte reste la solution que je trouve la plus intéressante — la plus réaliste, aussi).

Et toi, tu en as comme ça, des choses imparfaites dont tu ne peux te passer ?

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