Des cours à la maison, ou récit de mon premier MOOC

L'école à la maison

Parler d’école pendant les derniers jours d’avant-presque-vacances est une fantaisie de bonne élève remarquablement irrésistible, parce qu’elle s’accompagne de la conscience de la fin prochaine, au moins pour quelques temps (enfin, plus vraiment maintenant, mais on fait comme si), des efforts et des doutes de l’année, et l’arrivée imminente du temps des grasses matinées et de longues journées à se prélasser.

Si au moment où les études se terminent, on est tout à la fois soulagé de dire adieu au poids du cartable, aux devoirs du soir et aux récitations, et fier et tout excité à l’idée d’entamer une nouvelle vie pour faire soi-même en vrai, il ne faut pas si longtemps avant de retrouver, toujours là bien ancré, le désir d’apprendre encore. Cette fois-ci, cependant, on joue le jeu d’apprendre pour soi, à son rythme, et l’on prête attention au comment du pourquoi avant même de se demander ce qu’il en sortira. Petit à petit, on se surprend de nouveau à froncer les sourcils devant une technique qui nous échappe, les idées bouillonnantes des questions que l’on se pose et des problèmes qu’on déconstruit, jusqu’à trouver « le truc », celui qui nous fait poser un regard nouveau sur les choses autour et nous donne cette impression de se sentir un peu plus grand.

Oui, voilà, j’aime apprendre. Peut-être parce que c’est une chose pour laquelle on est tous plutôt doués, à condition de le faire chacun à sa façon, peut-être parce que cette fierté-là ne fait pas rougir, peut-être un peu aussi à cause de ce goût d’indépendance qui permet de répondre une fois de temps en temps aux « c’est impossible » par un « tant pis, je vais essayer de le faire moi-même » ou, tout simplement, parce que c’est une façon comme une autre d’utiliser son temps libre.

Habituellement, dans ma soif d’apprentissages, Google et (évidemment) la bibliothèque sont mes meilleurs amis. Mais cette année, alors que je cherchais des informations sur un sujet un peu plus complexe, j’ai découvert les MOOC.

C’est quoi ça, un MOOC ?

Les MOOC sont arrivés en France en 2012. Ce sont des cours en ligne, ouverts à tous et, en principe, gratuits. Ces formations peuvent porter sur une multitude de domaines différents, des plus théoriques aux plus concrets, des sciences dures aux sciences humaines, en passant par les arts et la littérature, les langues, l’informatique et le numérique, le commerce, etc. Les cours peuvent être conçus par différents organismes, notamment certaines grandes écoles et universités, partout dans le monde.

En général, les cours se présentent sous forme de vidéos et s’accompagnent d’un forum sur lequel les participants peuvent échanger entre eux. Les MOOC comportent également une partie de quizz et d’exercices permettant d’évaluer le niveau des participants. À la fin de la formation, à condition d’avoir obtenu des notes suffisantes, il est souvent possible de recevoir un certificat de réussite.

Ces cours ne sont pas accessibles toute l’année (quoique de plus en plus de MOOC tendent à le proposer) : un MOOC se déroule au cours d’une session ponctuelle qui dure plusieurs semaines. Il faut s’y inscrire à l’avance (il n’y a pas de sélection), et dès que le cours commence, chaque participant a accès aux ressources au fur et à mesure de l’avancée du programme, et peut ensuite avancer à son rythme. Dans la plupart des cas, il faut compter 2 à 5 heures de travail par semaine.

Aujourd’hui, il y a énormément de choix parmi les MOOC existants. En ce moment, on peut trouver, par exemple, « Comprendre l’actu », « Grec ancien pour débutant » ou encore « Botanique, apprendre à connaître les plantes ».

En ce qui me concerne, j’ai suivi le MOOC « Devenir entrepreneur du changement », organisé par HEC Paris et Ticket for change.

Alors, c’était comment ?

Pour commencer, j’ai été très impressionnée par la qualité et la richesse des cours. La formation était très complète, et beaucoup plus concrète que ce à quoi je m’attendais. Je m’étais inscrite surtout par curiosité, pour en savoir plus sur l’entrepreneuriat (et plus particulièrement l’entrepreneuriat social) et très vite, j’ai été amenée à imaginer un projet qui s’est avéré correspondre de très près à ce à quoi j’aspire, et que j’ai appris, petit à petit, au fil des semaines, à rendre réalisable et, surtout, économiquement viable.
J’ai apprécié le fait de pouvoir avancer à mon rythme, selon mes possibilités (mine de rien, le volume de travail que demande cette formation n’est pas négligeable, environ 5 heures par semaine pendant huit semaines). J’ai aussi trouvé le système d’évaluation très juste : à la fin de chaque leçon, il nous était demandé de répondre à un QCM portant sur le cours et de rendre un devoir pour mettre ces connaissances en pratique. Les devoirs étaient corrigés par trois autres participants (et il nous était donc demandé de corriger à notre tour trois ou quatre devoirs d’autres participants pour chaque leçon, à l’aide d’une grille d’évaluation). Les échanges avec les autres participants, notamment dans le cadre de l’évaluation des devoirs, étaient très constructifs et chaleureux. Enfin, de façon plus générale, le fait que ce cours soit accessible à tout moment de l’année est également un très gros avantage.
Je dois dire que ce travail m’a beaucoup appris, sur le plan théorique (à propos de l’entrepreneuriat social) pour commencer, mais il m’a également fait beaucoup réfléchir sur mes ambitions personnelles et mes… capacités.

Et où est-ce qu’on peut trouver un MOOC ?

En France, les plateformes les plus connues et utilisées sont Coursera (celle sur laquelle on trouve le MOOC « Devenir entrepreneur du changement »), FUN et OpenClassrooms. J’utilise beaucoup l’annuaire Mooc Francophone (petite précision : MOOC Francophone, en tant qu’annuaire, n’héberge pas de MOOC, c’est un site qui référence les MOOC francophones (logique) et renvoie vers les plateformes sur lesquelles ils sont hébergés) (en ce qui me concerne, quand il s’agit d’apprendre quelque chose de nouveau, je préfère quand même que ce soit dans ma langue). On peut faire une recherche par thème, et pour chaque MOOC, sont indiqués les dates d’inscription, la durée de la formation, le temps de travail estimé et les prérequis.

***

Bien sûr, un MOOC ne remplace pas une formation scolaire ou universitaire, ni la patience d’un professeur en chair et en os à nos côtés, et s’il ne pèse pas bien lourd sur un CV, j’aime néanmoins l’idée de pouvoir, si je le souhaite, m’initier à tout un tas de choses que je n’ai pas encore eu l’occasion d’apprendre. Quitte à approfondir plus tard, si le besoin s’en fait sentir…

Et toi, as-tu envie de retourner à l’école ?
As-tu déjà suivi un MOOC ? Qu’en penses-tu ?

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